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Dans l’édito du hors série
trimestriel d’art press sur la figuration narrative qui vient
de paraître à l’occasion de la retrospective
qui aura lieu au Grand palais du 16 avril au 13 juillet 2008, Catherine
Millet énonce, dans le contexte de la création du
mouvement dans les années 1960:
“Rien n’était plus honnis
par le formalisme que la peinture qui se donne un autre objectif
que celui de se révéler elle-même, qui prétend
“raconter”. Or ce que ce raisonnement négligeait
c’est que si la peinture renonçait à figurer,
elle abandonnait la responsabilité de la fabrication des
images aux autres médias plus largement diffusés et
plus populaires.
Toutefois la narration n’empêcha pas les artistes de
se préoccuper de formes ”… “Revisiter un
courant longtemps après sa naissance a pour bénéfice
de renouveler les approches … Et la volonté de bien
narrer, précisément , les conduisit à expérimenter
des solutions induites par le formalisme : mise en question et sortie
du cadre, renforcement des contrastes de couleurs, tension de la
bi-dimensionnalité…”
Quatre ans après la fin de mes études
à l’école des Beaux-arts de Rennes et désormais
engagée quotidiennement avec la peinture, ces propos m’inspirent
la fin d’une absurde guerre qui fut certainement légitime,
il y a quarante ans de cela, mais plus aujourd’hui.
La génération des peintres français qui m’ont
précédé n’ont eu de cesse de devoir se
justifier d’appartenir à un camp ou un autre, ceux
qui traitent l’image, ceux qui la rejettent. Les disciples
de B.M.T.P et Supports-Surfaces d’un côté, ceux
de la Nouvelle figuration de l’autre et, entre les deux, les
héritiers centristes de l’expressionnisme abstrait
?…
Au-delà de nos frontières, Gerhard Richter a joué
les empêcheurs de tourner en rond en faisant l’économie
d’une posture figée, pour cela entre autres la force
et la pertinence de son œuvre ont créé l’unanimité
et inspiré nombre de ses contemporains.
Si j’ai choisi la peinture depuis plusieurs années
c’est parce que la variété de langages qu‘elle
permet de créer m’ouvre des champs d’explorations
infinis et un moyen de faire se rencontrer la grande Histoire, (à
laquelle l’histoire de l’art est intimement liée),
celle des enjeux du monde d ‘aujourd’hui, aux particularismes
et à la singularité de la petite histoire du peintre
et de ses influences.
Ainsi ma démarche picturale se nourrit de diverses sources
d'inspirations...
Reportages radiophoniques, presse et films documentaires issues
de courants de pensées altermondialistes (Le cauchemar
de Darwin d'Hubert Sauper, We feed the world d'Erwin
Wagenhofer) essais géopolitiques (L'Empire de la honte
de Jean Ziegler).
Mais aussi clairement de l'histoire de la peinture et la culture
underground.
A l’instar des accents rock, flamenco et
jazzy qui accompagnent le moment créateur, j'essaie de concevoir
et construire l’espace projectif de la toile comme une caisse
de résonance où la couleur déploie sa charge
explosive. J’aimerais que ma peinture permette au spectateur
de s'interroger avec urgence et énergie.
Notes d'atelier, mars 2008
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