Marine BOUILLOUD
 
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Le travail récent s’élabore sous forme de « collage » mental et formel.

La géopolitique, l’économie mondiale, l’exploitation des suds par les nords, l’écologie, les cultures minoritaires traditionnelles, les archétypes des contes forment le sujet et  la matière du  jeu pictural.

Celui-ci se révèle et s’impose après digestion des diverses sources d’inspiration :
- L’éventail de l’art japonais : le nihonga, les yokaïs, le katagami …Hokusai et sa peinture mystérieuse et atemporelle.
- Les primitifs flamands et italiens : Hans Holbein, Bosch, Van Eyck, Uccello.
- L’art cinétique, les illusions d’optique, la puissance des couleurs de Vasarely à Bridget Riley  en passant par le    psychédélisme des affiches sixties.
- La figuration narrative et ses petits copains : Peter Saul, le jeune Léopold  Rabus…
- L’art critique sociale : de Bazooka, à l’humour cinglant d’Hara Kiri et du dessin de presse.
- L’enluminure et l’ornement médiéval.
- L’étude du motif dans l’art aborigène et l’art  brut.

L’entreprise mégalomaniaque du peintre consiste à tenter d’embras(s)er le monde des idées et celui des sens au sein du tableau.
L’atelier est un lieu magique, le rituel de la peinture me  plonge dans une sorte d’éternité extatique. Face à l’espace projectif de la toile, l’imaginaire se met en branle et la peinture s ‘élabore tel un joyeux foutrac.
La composition est fragmentée, le dessin se confond à la peinture, laissant apparaître des morceaux de toile brute, les éléments se collent, se chevauchent, s’imbriquent, fusionnent et disparaissent les uns sous les autres. La peinture, tel un jeu de pistes s’offre à l’œil du regardeur. La couleur criarde l’agresse et le séduit, le guide et le perd dans la trame narrative.

 

Marine Bouilloud, juillet 2007

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